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LA RESTAURATION DU LAZARET N°1 DE LA GRANDE-CHALOUPE
COMMUNE DE SAINT-DENIS

 

Le site de la Grande-Chaloupe permet un voyage dans tout le XIXeme siècle réunionnais. Il rend compte matériellement au moins d’un héritage propre aux différentes phases de cette période : l’occupation anglaise du début XIXeme qui donne son nom à un chemin du XVIIIeme, l’Engagisme qui se matérialise dans les Lazarets construits entre 1860 et 1865, le Chemin de fer construit fin XIXeme qui est présent à travers les bâtiments de la gare, les locomotives et le tunnel. Un village qui se développe après les années 1950 fait le lien avec le tan lontan (1938-1975). On y retrouve des éléments du patrimoine religieux de l’espace réunionnais : ti bondié, temple, rond de servis kabaré.

 

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Lazaret-I
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Lazaret-I (3)
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Un contexte patrimoniale et mémoriel particulier

La Grande-Chaloupe est un territoire privilégié de lecture et de compréhension de l'identité et de la diversité culturelle réunionnaise.
Le site prend un relief particulier pour la population d’origine indienne puisque c’est elle qui présente le plus fort pourcentage d’arrivée d’engagés. A la mémoire des premiers Indiens engagés morts sur le site, une association tamoule dresse le 30 octobre 1997 une stèle dans le cimetière. Cet événement qui marque l’intérêt d’une communauté pour le site se situe dans le fil chronologique des recherches sur l’Engagisme des années 1994 à 1996. L’année 1998 à La Réunion est consacrée à l’abolition de l’esclavage. De cette année date aussi le décret d’inscription du site (Gare et Lazarets) dans son ensemble à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques (arrêté du 22 octobre 1998).

 

Sauver le patrimoine par l’Insertion et la voie associative

L’opération de restauration du Lazaret I de la Grande-Chaloupe a démarré en novembre 2004. Cette opération demandée par le Conseil Général en 2002 concerne dans sa première phase les murs d’enceinte du cimetière et de l’infirmerie, partiellement détruits. Le chantier a pris la forme d’un Chantier Ecole et a employé, par leur biais une soixantaine de personnes dont environ 2/3 sont résidents à la Grande-Chaloupe, cela dans un objectif d’insertion mais aussi dans une démarche d’appropriation d’un patrimoine de proximité.
La conduite du chantier a été confiée à l’association Chantiers Histoire et Architecture Médiévales par le Département. Les techniques de construction employées sont similaires à celles de l’époque : du mortier des gros œuvres au badigeon de finition : tout est basé sur un mélange de chaux, sable et pigments de terres naturelles. Le chantier est cadré par le dispositif légal en vigueur concernant la restauration des Monuments Historiques (sous contrôle de la DRAC-Réunion).

L'opération s'est achevée en 2011.